Réveil printanier dans le Douro

Une fenêtre vers le Douro

Qu’importe le temps, si dans ma mémoire
le passé est présent, comme les saisons.
Un cycle immuable, semblable
et pourtant différent.

Gardées au chaud depuis quatre printemps, les voilà maintenant ces images pour aborder un lieu, un pays, une saison, une expression, une attache, une personne et mes souvenirs d’enfance qui fût douce auprès de parents, frère et sœur qui sont nés à Provezende, Trás-os-Montes. Une grande partie de ma famille y vit toujours du travail de la terre qu’ils aiment, sans jamais l’avoir abandonné, malgré leurs conditions de vie dure. D’autres, depuis bien plus d’un siècle sont partis dans les grandes villes portugaises, dans l’espoir d’améliorer leur existence et surtout celle de leurs enfants, pour lesquels ils rêvaient d’une vie bien meilleure et prometteuse que la leur, comme le font la plupart des parents. Mon grand-père paternel est allé bien plus loin, jusqu’en Amérique Latine, ce qui était moins courant dans son village. Cependant, en ce temps là, s’en aller loin était bien plus difficile que maintenant. Pour toujours, ceux qui sont partis, ont gardé dans leur mémoire et leur cœur un profond attachement et une perpétuelle nostalgie appelée « saudade » à leur terre natale. L’arrivée d’une lettre ou carte postale du pays « da terra », était toujours un événement dans la maisonnée, un moment de grande joie ou tristesse selon le contenu du courrier. Les yeux de ma mère brillaient alors plus que d’habitude en  entendant lire la lettre. Rares étaient les femmes de son âge sachant lire. L’école n’était pas faite pour les filles du peuple et tous les garçons n’y avaient pas accès non plus. Ne sachant pas lire, ma mère a été une bonne mère et savait nous raconter des histoires les après-midi de pluie. Je sais qu’elle avait le cœur serré de vivre sa vie loin des siens. À certains moments de l’année, des présents arrivaient par le train chez nous, de bons produits de la terre labourée avec amour par mes oncles David et José, aidés par leurs enfants avec courage. Comme la terre, ils avaient le cœur généreux! Ma mère disait alors, « … ah que ces pommes de terre arrosées par cette huile d’or sont bonnes! » Et c’était vrai! L’huile d’olive était parfumée et utilisée avec parcimonie par respect pour leur travail. Elle servait à nous nourrir mais aussi à éclairer les nuits dans des maisons où l’électricité n’était pas encore arrivée et aussi dans les églises, pour annoncer que Jésus Christ était bien chez lui dans le tabernacle, permettant à une petite flamme allumée jour et nuit de danser au moindre souffle d’air!

J’écrirai certainement plus tard un petit article sur le pays de mes parents. Ce petit village cher à mon cœur est très beau, ouvert au tourisme maintenant. L’air y sent toujours bon! Les produits de la terre ont du goût. Le vin y est généreux et délicieux! Le contact avec les habitants est chaleureux tout en permettant à chacun de mener sa vie paisiblement. L’environnement y est particulièrement préservé et les terres et les gens cultivées.

Les amandiers en fleur de Régua à Pinhão by Umiko

Au mois de février 2012 je me suis rendue à Trás-os-Montes pour revoir la Terre de mes ancêtres, rendre visite à ma cousine Augusta Mar qui est poétesse, rieuse, parfumée et belle comme les fleurs, que secrètement j’appelle « la fiancée du Douro » … C’était au moment de la floraison des amandiers! En sa compagnie, nous sommes montées jusqu’en haut de la montagne au crépuscule pour admirer les fleurs. Cela faisait un an que j’étais allée au Japon plonger dans une vague rose sans précédent … Alors, cela m’a fait beaucoup de bien. Nous avons passé quelques jours ensemble, partagé la même table, la famille, les souvenirs et nous nous sommes rendues compte, que les années passant et la distance, nous ont plutôt rapproché qu’éloigné! C’est ce que l’on appelle les liens du sang. Je l’aime.

Une jolie vidéo qui permet d’entrer dans le sujet de façon évidente. Merci à Douro Azul TV 

Je lui laisse à présent la parole, parce qu’à ma demande, Augusta Mar m’a fait parvenir quelques textes poétiques, révélateurs de la richesse de la Vallée du Douro, de son talent poétique, sa sensibilité et générosité en parfaite harmonie avec le milieu naturel où elle vit face au Douro qu’elle surveille de près … La langue portugaise est très riche et dans cette région existent des mots difficiles à traduire. J’ai fait de mon mieux pour transmettre sa pensée et rester proche de ce que l’auteure veut transmettre. Simplement, je ne suis pas traductrice. Je comprends simplement ma langue maternelle que je ne parle suffisamment, parce que la France, ce beau pays m’a fait un clin d’œil il y a bien longtemps! Cependant, la sensibilité poétique portugaise, française et japonaise s’accordent très bien, je trouve.

NUM CANTINHO DO DOURO

Corre um rio chorando
Os xistos gastos pelo cansaço da erosão
Abraçam margens,
Reflectem céu.
As oliveiras prateadas dançam.
As vides dormem embaladas,
No pousio adormecido
De um tempo de via sacra
A caminho da ressurreição!

Les amandiers en fleur de Régua à Pinhão by Umiko - Peso da Régua

Rio Douro - Régua

MON « CHEZ MOI » DANS LE DOURO

Un fleuve coule pleurant
Les schistes usés par la fatigue de l’érosion
Enlacent les berges
Reflètent le ciel.
Les oliviers argentés dansent.
La vigne dort bercée
Dans la terre au repos endormie
D’un temps de voie sacrée
En chemin de la résurrection!

Schistes et oliviers sur la route vers Pinhão

CHÃOS DE XISTO

Trás-os-Montes
Cantam os ventos sibilando.
Trespassam o ventre dos vales e montes
Numa correria atroz!
As árvores agitadas,
Erguem os braços,
Parecendo místicas personagens de uma peça louca.
Perdem-se os olhos nos socalcos . . .
Chãos de xisto!
Bardos alinhados a perder de vista.
Pedras de bardo, pedras negras, num secular abraço​,​
Sustentam os braços de videiras adormecidas.

Bardo et Vigne à Provezende

Há nesse abraço, da vide e bardo negro, a rudeza das cercanias
E a risonha promessa da abundância.
As videiras entrelaçam seus ramos no inverno,
Num regelado recolhimento,
Dormem o sono da quietude e do silencio.
Regela o coração da terra . . .
Cobre-a um manto esfarrapado de turfas silenciosas.

SOLS DE SCHISTES

Trás-os-Montes
Chantent les vents sibilants
Traversent le ventre des monts et vallées
Dans une course effrénée!
Les arbres agités,
Lèvent les bras,
Semblables à des personnages mystiques d’une pièce folle.
Le regard se perd sur les terrasses . . .

"Socalcos" - Vigne, oliviers et sol de schiste sur la route vers Pinhão - Rio Douro

Sols de schiste!
« Bardos » alignés à perte de vue.
Pierres de « bardo », pierres noires, en séculaire étreinte,
Soutenant les bras des cépages endormis.
Il y a dans cette étreinte, de la vigne et bardo noir, la rigueur des parages
Et la rieuse promesse de l’abondance
La vigne entrelace ses sarments en hiver,
Dans un regelé recueillement,
Dorment le sommeil de la quiétude et du silence.
Regèle le cœur de la terre . . .
La recouvre un manteau en lambeaux de tourbe silencieuse . . .

"Bardos", vigne, maisons traditionnelles et église de Provezende - Printemps

PRIMAVERA

Entre as manhãs de beijos castos,
Vão despertando as árvores.
Irrompem as amendoeiras tocando os lábios das manhãs.
Oh! Flores rosadas,
De formosura doce
Em ramos coloridos
Abraçais o vento,
Noivas vestidas a rigor!
Amendoeiras caminhando nas madrugadas,
Noivas alvas!
Puras!

Amandier en fleur au coucher du soleil - Peso da Régua

Pelo orvalho das noites penteadas​,​
São as amendoeiras,
Noivas de toucados todos flor!
Varandas alindadas onde o sol se debruça!

Amandier en fleur au coucher du soleil - murs en schiste - terrasse - Peso da Régua

Oh! Castos beijos de perfume suave . . .
Noivas rindo em flor!
Desposadas ao sol poente que as doira​, ​amantes​.

Amandier en fleur au coucher du soleil à Peso da Régua

Noivas ornadas de colares de rubis​ ​ao entardecer​.
Fecundos frutos!
Amêndoas!

Amandier en fleur au coucher du soleil à Peso da Régua

Os olhares amendoados de mistérios cheios​,​
Tal como encantadoras ​gueixas
De um império natural de beleza agreste
Percorre seu perfume,
Caminhos de vento e céu abraçando as árvores​,​
Num rir de alma e de mistério!
Sou rainha de um império!
Que julgo no momento ser só meu!
Mas as mimosas
Rindo para mim em botões de ouro
Rasam o céu!

Mimosas en fleur en février à Peso da Régua

Ajoelho,
Beijo o chão!
De mãos erguidas rezo!
Agradeço!
Rir também é uma oração!

Manhãs primaveris, ao som do melro cantador,
Despertam as vinhas​ . . .​
Num demorado beijo de luz e sol,
​Acordam​ as folhas recortadas da videira.
A flor da promessa, os pequeninos cachos, choram em flor,
Que o vento traz de mais além.
Chora o vento pequenas lágrimas verdes,
​São flores dos vinhedos.
Tudo verdejou, é uma ventura.
A mão do homem com mestria e saber
​Afaga​ a vinha com amor.
Há sempre uma praga a espreitar!

"Vides" sarments de vigne coupés (capões de vides) pour allumer le foyer - Peso da Régua

PRINTEMPS

​Parmi l​es matins de baisers chastes​,
Se réveillent les arbres​.
​Surgissent les amandiers effleurant les lèvres des matins​.​
Oh! Fleurs rosées,
De douce beauté​,​
​En ​branches colorées,
Vous enlacez le vent,
Jeunes mariées habillées à rigueur!
Amandiers marchant à l’aube,
Blanches mariées!
Pures!

Amandier en fleur au coucher du soleil - Peso da Régua

Par la rosée des nuits​ ​coiffées​,​
Ce sont les amandiers,
​mariées de coiffes tout en fleur!
Balcons embellis où le soleil se penche!
Oh! Chastes baisers au doux parfum . . .
Mariées aux rires en fleur!
Épousées au soleil couchant, dorées, amoureuses.
Mariées embellies de colliers de rubis au crépuscule.
Fruits féconds!
Amandes!

Amandier en fleur et soleil couchant - Peso da Régua

Les ​regards ​en amande remplis de mystères.
Telles de ravissantes geishas
D’un empire naturel de beauté agreste
Parcourt son parfum​,​
Chemins de vent et ciel enlaçant les arbres.
Dans un rire d’âme et de mystère
Je suis reine d’un empire!
Que je crois ​sur​ ​le moment​ être à moi!
Mais les mimosas rieuses​ e​n pompons d’or​
Me sourient rasant le ciel!​
Agenouillée,
J’ embrasse le sol!
Les mains levées je prie! Je remercie!
Rire est aussi une prière!

Coucher du soleil à Peso da Régua by Umiko

Matins printaniers​,​ au son du merle chanteur​,​
S’éveille​ la vigne​ . . .
​Dans​ un langoureux baiser de lumière et soleil,
Se réveillent les feuilles,
La fleur de la promesse, les petites grappes, pleurent en fleur,
Que le vent ramène de plus loin.
​Pleure le vent ​de ​petites larmes vertes​,​
​S​ont fleurs du vignoble​.​
Tout ​a verdi​,​ c’est un bonheur!
La main de l’homme avec maîtrise et savoir
​Caresse​ l​a vigne ​avec amour​,​
​Car ​il y a toujours une plaie à l’affût!

Un fidèle compagnon de ses maîtres - Peso da Régua

​VERÃO​

É já Verão!
Ardem os montes,
​Esquenta o chão de xisto dos vinhedos,
​As uvas estão lindas,
Santo Deus!
Cachos entre parras
Espreitando o sol que os beija e adoça.​

Socalcos, murs et escaliers de schiste à Peso da Régua

​ÉTÉ ​

Déjà l’été​!​
Les monts​ s’embrasent,
S’échauffe le sol de schiste des vignobles
Le raisin est beau,
​Mon​ Dieu!
Les grappes parmi les feuilles​,​
​Guettant le​ baiser du​ soleil qui les ​rend sucrées​.

Ensoleillées les oranges de l'hiver au printemps - Peso da Régua

OUTONO​​

Caem as tardes . . .
A terra arrefece numa perfusão de perfumes​.
Uvas brancas, loiras, rubis !
Doce moscatel.
Chegou o tempo das vindimas . . .
Gentes contentes pelas encostas.
Deus foi pródigo.
Corre* pelas encostas o mosto,
Que será o vinho do futuro.

"Azulejos" des vendanges à la gare de Pinhão
"Azulejos" des vendanges à la gare de Pinhão

Correm rios de mel,
Doçura de uva,
Sabor a moscatel,
Vinho generoso néctar dos deuses.
Doce, aromático, precioso . . .
Jóia servida em bodas e festins!
Néctar que é a celebração de um sacrifício,
Do homem simples,
Que labora com a força do seu pulso a terra agreste empedrada e fria,
Para sustento dos seus, o pão de cada dia.

"Azulejos" des vendanges à la gare de Pinhão
Azulejos na estação do Pinhão - Vindimas
É já Novembro,
Uma neblina encantada aconchega Trás-os-Montes,
Que embalado pelo choro de um rio D’OURO*,
Mansamente adormece.
O clamor do vento entoa uma oração,
Que o rio acompanha dolente,
Fazendo dela uma canção.

AUTOMNE

​À la tombée de la nuit
La terre se refroidit dans une profusion de parfums.
​Raisin blanc, doré, rubis!
​Doux moscatel ​
​Le temps des vendanges est arrivé . . .​
Sur les côtes​ les gens sont contents​
Dieu a été prodigue​.
Par les pentes « court » le moût,
Qui deviendra le vin du futur.
​Coulent fleuves de miel,
​Douceur de raisin,
Goût de moscatel​,
Vin généreux nectar des dieux.
Doux, aromatique, précieux . . .
Joyau servi en noces et festins!
Nectar qui est la célébration​ d’un sacrifice
​De l’homme simple​
​Qui laboure à force de bras, la terre agreste, pierreuse et froide.​
​Pour nourrir les siens, le pain quotidien​.

"Azulejos" des vendanges à la gare de Pinhão

Novembre​ déjà!​
Une brume ​enchantée​ ​réconforte ​Trás-os-Montes,
​Qui bercée par les pleurs d’un fleuve d’ OR (le Douro)​
Sereinement s’endort
La clameur du vent entonne une prière,
Que le fleuve accompagne dolent,
En faisant une chanson.

INVERNO

Estamos no inverno,
gela de novo o coração da terra!
Escuta-se no vento,
Nas asas de uma ave,
No clamor do rio uma oração!
Em silêncios sinistros, nas noites de breu,
Só a alma colhe por vezes o som de uma canção.
Porque tudo
Num gélido manto de neblinas
Adormeceu . . .
Canta o rio uma canção dolente . . .
As oliveiras de prata á luz da lua
Têm pendentes azeitonas lindas
Que azeite serão na candeia acesa
Do tempo em pousio.
Apanham-se no meio
Das geadas manhãs de ​inverno​ num labor!
Será azeite puro,
A luz de um sacrário no templo da vida
​Construído​ com esperança, sacrifício e amor.
Esta é a terra de coração de xisto

HIVER

Nous sommes en hiver,
Gèle de nouveau le cœur de la terre!
On entend dans le vent,
Dans les ailes d’un oiseau,
Dans la clameur du fleuve une prière!
En silences sinistres de nuits sans lune,
Seule l’âme cueille parfois le son d’une chanson,
Parce que tout
Sous un glacial voile de brume,
Est endormi . . .
Chante le fleuve une chanson dolente . . .
Les oliviers d’argent au clair de lune
Portent pendantes de belles olives
Qui deviendront huile dans la lampe allumée
Du temps au repos,
Cueillies en plein milieu des matins de gel en hiver,
Avec labeur!
Sera huile d’olive pure,
La lumière d’un tabernacle
Construit avec espoir, sacrifice et amour.
Celle-ci est la terre de cœur de schiste.

©Augusta Mar Poétesse – février 2016

Umiko-Okasan by Le Papillon et l'Empereur - Amandiers en fleur - Peso da Régua

Le porto, une histoire de temps …

parmi les bouteilles
l’araignée a tissé des toiles
depuis plus de mil ans

Un grand Merci à Augusta Mar, ma très chère cousine, pour le plaisir et l’émerveillement qui me procure sa poésie qui me touche beaucoup  Elle se trouve depuis peu sur Facebook et aujourd’hui, c’est son anniversaire  😉

27 février 

 

Aujourd’hui c’est sa journée,
Une fée qui laisse
Sur son chemin,
Un coloré et doux tapis
De pétales à son passage,
Pour ceux qui suivent.

Aujourd’hui, le fleuve brille encore plus,
E devant sa fenêtre ralentit,
Dans l’espoir de voir
Un signe de main
Que lui seul connait.

Elle rit alors
Et tout bas lui dit:
Allez, ne te mets pas en retard,
La mer est plus loin!

Hoje é o dia dela,
Uma fada que deixa
Pelo caminho,
Um colorido e suave tapete
De pétalas ao passar,
Para os que vêm atrás.

Hoje, até o rio brilha mais,
E diante da sua janela afrouxa,
Na esperança de ver
Un aceno
Que só ele conhece.

Ela ri então
E baixinho lhe diz:
Anda, não te atrases,
O mar* é mais além!

La Vallée du Douro par Hugo Matos que je remercie beaucoup

Aimez-vous le train? Eh bien, prenons place, c’est le moment! Merci à monsieur Canotilho António José Leitão qui m’a permis de passar un très bon moment 

NOTES :

L’amandier est en portugais du genre féminin, voila pourquoi la poétesse « le » compare à une mariée (noiva branca).
Arbre est également du genre féminin, ainsi que l’olivier.
Bardo = piquet d’ardoise noire qui soutient les pieds de vigne alignés.
Cantinho = lieu où on habite et où on se sent bien (affectueux)
Cercania = voisinage, alentours, environs, parages
Chão = sol
D’OURO* = d’or (ouro = or)
Mar* = mer: Le Douro (850 km) « Fleuve d’or du Portugal », traverse la région nord du pays au milieu de milliers d’hectares de vignobles qui produisent le célèbre Porto. Il prend sa source en Espagne à 2 160 m d’altitude, dans la sierra de Urbión appartenant à la cordillère Ibérique. Il serpente à travers la Meseta pendant 612 km. Puis sur 122 km, il marque la frontière entre l’Espagne et le Portugal dans une région accidentée, sa pente s’accentue et son lit se creuse entre de hautes parois granitiques. En aval de Barca de Alva, il devient complètement portugais sur les 206 derniers km de son cours et devient navigable avant de se jeter dans l’océan Atlantique à Porto.
Mosto = Moût (Il s’agit du jus de raisin en cours de fermentation, contenant des levures (agents de fermentation) qui n’ont pas terminé de transformer les sucres naturels en alcool.​)
Quinta = les quintas des maisons de porto sont au Portugal ce que les châteaux sont au Bordelais: l’origine de grands vins imprégnés de leurs terroirs historiques, ainsi que les lieux privilégiés de la rencontre des professionnels du porto avec de nouveaux clients en visite dans la Vallée du Douro.
Roga = mot désignant l’équipe de travailleurs recrutés par les plus grandes maisons de Porto pour ramasser et, dans le cas d’un domaine pratiquant la vinification traditionnelle, fouler les raisins. Embauchés par le biais de contrats de vendanges, ces vendangeurs/fouleurs sont souvent originaires de villes ou de villages éloignés du domaine, voire situés en dehors de la Vallée du Douro.
Sarmentos = sarments de vigne, rameau vert que la vigne pousse chaque année.
Socalcos = en terrasses (comme un escalier)
Turfa = tourbe
Toucado = coiffe
Videiras, vide = cépages, cep de vigne, pied de vigne
​Vindimas = Vendanges ​
Pousio = la terre au repos pendant l’hiver
Xistos = ardoise, schiste: le terroir de la vallée du Douro est issu de schiste (« xisto » en portugais), une roche métamorphique de type ardoise. La vigne bénéficie d’un sol principalement constitué de grosses roches schisteuses foliées, dont les interstices contiennent un certain taux d’humidité qui permet au cep de prospérer malgré l’aridité de sa vallée natale.
Corre* = j’ai opté par traduire « corre » par courir et non couler. En effet, les paniers chargés, les hommes courent pour déverser leur précieux chargement dans le « lagar » (pressoir).

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2 Réponses à Réveil printanier dans le Douro

  1. Fabrice dit :

    Olá, como vai você ?
    Le « fleuve d’or », c’est une invitation à la poésie rien que dans le nom.
    Ah ces petits poissons de février, de drôles de poètes, c’est peut-être pour ça que je suis du 26.
    En tout cas, c’est un régal ce billet, les photos, les poèmes, sont sublimes, le petit chemin peut aller loin, mais son origine ne manque pas de charme !

    • 海子 Okasan dit :

      Bom dia Fabrice! C’est une belle langue, n’est-ce-pas ? Alors, toi aussi es un poisson? Toi aussi si lié à la Nature et poète à tes heures! Ils sont bien les poissons! Voilà que je me sens moins seule à présent sur ce petit chemin, sans pour autant être un poisson moi-même , mais je les aime beaucoup 🙂 Merci d’avoir apprécié la poésie de ma chère cousine, son beau pays et avoir laissé ce beau commentaire.

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